Vous vous interrogez sur le sort d’un Livret A ou d’un LDD lors d’une succession, ou sur les démarches à accomplir en tant qu’héritier ? Les règles sont en réalité assez précises : ces livrets sont bloqués au décès, intégrés dans l’actif successoral, puis transmis aux ayants droit, avec une fiscalité spécifique. Ce guide vous aide à comprendre rapidement l’essentiel, puis à entrer dans le détail pour sécuriser vos décisions et éviter les erreurs fréquentes.
Comprendre le sort du livret A et du LDD au décès

Lorsque le titulaire d’un Livret A ou d’un LDD décède, ces placements ne disparaissent pas : ils suivent un cadre juridique et bancaire strict. Voyons comment ils sont traités par la banque, intégrés dans l’héritage et quelles sont les marges de manœuvre des héritiers.
Comment sont traités les livrets réglementés par la banque au décès du titulaire
Dès que la banque est informée du décès, elle bloque immédiatement le Livret A et le LDD du défunt. Plus aucune opération de retrait ou de versement n’est alors possible. En revanche, les intérêts continuent de courir jusqu’à la clôture effective du livret, selon la date de valeur appliquée par l’établissement.
La banque procède ensuite au recensement des encours et édite un état détaillé des avoirs. Ce document sera transmis au notaire chargé de la succession ou directement aux héritiers dans le cas d’une petite succession. Ce blocage protège les droits de tous les ayants droit en empêchant toute opération non autorisée.
Intégration du livret A et du LDD dans l’actif successoral et le calcul des droits
Les sommes présentes sur le Livret A et le LDD entrent intégralement dans l’actif successoral. Contrairement à certaines idées reçues, il n’existe aucune exonération particulière liée au statut réglementé de ces livrets. Le capital et les intérêts acquis sont comptabilisés comme n’importe quel autre placement financier.
Ces montants sont pris en compte pour calculer la part de chaque héritier et pour déterminer l’assiette des droits de succession. Par exemple, si un Livret A affiche un solde de 15 000 euros au décès, cette somme s’ajoute aux autres biens pour former l’actif total à partager.
| Élément | Traitement successoral |
|---|---|
| Capital du Livret A | Intégré dans l’actif |
| Intérêts acquis | Intégrés dans l’actif |
| Exonération spécifique | Aucune |
Que deviennent les intérêts générés sur le livret A et le LDD après le décès
Les intérêts acquis au jour du décès sont inclus dans la succession au même titre que le capital. Selon les établissements bancaires, des intérêts supplémentaires peuvent continuer à être calculés jusqu’à la date de clôture effective du livret. Cette période peut s’étendre sur plusieurs semaines, voire quelques mois, selon la complexité de la succession.
Il est donc important pour les héritiers de vérifier le relevé final du livret pour s’assurer que tous les intérêts dus ont bien été pris en compte. Une différence de quelques semaines peut représenter plusieurs dizaines d’euros, notamment sur un Livret A proche du plafond de 22 950 euros.
Démarches pratiques des héritiers pour récupérer les sommes placées
Une fois le décès survenu, les héritiers doivent engager des démarches concrètes pour libérer les fonds du Livret A et du LDD. Entre certificats, notaire et délais bancaires, voici le parcours à suivre pour sécuriser la clôture des livrets et le versement des sommes.
Quelles démarches engager auprès de la banque pour les livrets en succession
La première étape consiste à informer la banque du décès en fournissant un acte de décès, obtenu auprès de la mairie du lieu de décès. La banque procède alors au blocage officiel des comptes et édite un état des avoirs.
Ensuite, selon la situation, les héritiers doivent fournir des documents complémentaires. Pour une succession simple, un certificat d’hérédité délivré par la mairie ou un notaire suffit généralement. Pour les successions plus complexes, une attestation notariée ou un acte de notoriété sera exigé. Ces documents prouvent la qualité d’héritier et permettent à la banque de verser les fonds.
Les banques appliquent des procédures strictes et demandent souvent que tous les héritiers signent un accord de répartition avant de libérer les sommes. Le délai de déblocage varie entre quelques semaines et plusieurs mois selon la réactivité des parties.
Rôle du notaire et cas d’une petite succession sans intervention obligatoire
Le recours au notaire devient obligatoire dès que la succession comprend des biens immobiliers ou dépasse certains montants. Pour les petites successions composées uniquement de liquidités et de biens mobiliers de faible valeur, il est parfois possible de se passer de notaire.
Dans ce cas, les héritiers peuvent établir entre eux une attestation sur l’honneur précisant la répartition des biens. Toutefois, même en l’absence d’obligation légale, faire appel à un notaire reste conseillé pour sécuriser le partage, notamment en présence d’un conjoint survivant ou de conflits potentiels entre héritiers.
Le notaire joue également un rôle de conseil sur les aspects fiscaux et peut identifier des opportunités d’optimisation de la transmission. Ses honoraires sont réglementés et représentent un investissement raisonnable au regard de la sécurité apportée.
Peut-on conserver ou transférer un livret A ou un LDD du défunt
Non, il est impossible de conserver ou de transférer un Livret A ou un LDD après un décès. Ces livrets sont strictement personnels et nominatifs. La réglementation impose à la banque de clôturer systématiquement le livret du défunt.
Les sommes sont ensuite versées aux ayants droit selon les modalités définies par le notaire ou par accord entre héritiers. Chaque héritier peut ensuite alimenter son propre Livret A, dans la limite du plafond de 22 950 euros, ou son LDD, plafonné à 12 000 euros. Si un héritier ne possède pas encore ces livrets, il peut en ouvrir un dans n’importe quel établissement proposant ces produits.
Conjoint survivant, enfants, fiscalité : anticiper et optimiser la transmission

La répartition d’un Livret A ou d’un LDD ne se résume pas à un simple partage mécanique. Le statut du conjoint survivant, la présence d’enfants, le régime matrimonial et les règles fiscales influencent directement ce que chacun recevra réellement.
Comment se partage un livret A en succession entre conjoint survivant et enfants
La part revenant au conjoint survivant dépend du régime matrimonial et des dispositions testamentaires éventuellement prises. En l’absence de testament, le conjoint peut choisir entre l’usufruit de la totalité des biens ou la pleine propriété d’un quart du patrimoine, les enfants recevant le reste.
Pour un Livret A de 15 000 euros dans une succession comprenant deux enfants, si le conjoint opte pour l’usufruit, il pourra percevoir les fruits (bien que le livret soit clôturé, cette logique s’applique sur les sommes réinvesties), tandis que les enfants auront la nue-propriété. Si le conjoint choisit la pleine propriété d’un quart, il recevra directement 3 750 euros, et les enfants se partageront 11 250 euros.
Le régime de la communauté réduite aux acquêts, appliqué par défaut, considère que les sommes placées pendant le mariage appartiennent à moitié au conjoint survivant avant même le partage successoral. Cela peut modifier substantiellement les montants finaux.
Fiscalité du livret A et du LDD lors de la succession et après le décès
Pendant la vie du titulaire, les intérêts du Livret A et du LDD sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Cette exonération disparaît au moment de la transmission successorale.
La valeur globale du livret (capital et intérêts acquis) est soumise aux droits de succession, après application des abattements selon le lien de parenté. En 2025, chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 euros sur sa part d’héritage. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession.
| Bénéficiaire | Abattement | Taux applicable |
|---|---|---|
| Conjoint/Partenaire PACS | Exonération totale | 0% |
| Enfant | 100 000 € | 5% à 45% |
| Frère/Sœur | 15 932 € | 35% ou 45% |
| Neveu/Nièce | 7 967 € | 55% |
Une fois les sommes transmises et réinvesties sur d’autres supports, elles obéiront à la fiscalité de ces nouveaux placements. Un réinvestissement sur un PEL ou une assurance-vie impliquera par exemple une fiscalité différente de celle des livrets réglementés.
Donations, clauses de partage et stratégies pour alléger la transmission future
Anticiper la transmission permet d’optimiser la fiscalité et de soulager les héritiers. Les donations régulières, renouvelables tous les 15 ans, permettent d’utiliser les abattements fiscaux de manière fractionnée. Un parent peut ainsi donner 100 000 euros à chaque enfant tous les 15 ans sans fiscalité.
Retirer des sommes du Livret A pour effectuer une donation de son vivant constitue une stratégie efficace, d’autant que les plafonds de ces livrets limitent leur utilité au-delà d’un certain patrimoine. La donation entre époux (aussi appelée donation au dernier vivant) permet également d’élargir les droits du conjoint survivant.
Pour les patrimoines plus importants, un accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine ou un notaire permet d’identifier les leviers d’optimisation adaptés à chaque situation familiale. Le démembrement de propriété, les donations-partages ou encore la création d’une SCI peuvent être envisagés selon les objectifs poursuivis.
Cas particuliers, litiges et bonnes pratiques pour sécuriser la succession
Certaines situations compliquent la succession d’un Livret A ou d’un LDD : comptes mal identifiés, héritiers introuvables, conflits entre ayants droit. Voici comment réagir face aux cas particuliers pour protéger au mieux vos intérêts.
Comment est géré un livret A en cas de compte joint ou co-titularité
Un Livret A ne peut jamais être joint, car la réglementation impose qu’il soit strictement personnel. Toutefois, le défunt peut détenir d’autres comptes joints, généralement un compte courant, ce qui complique parfois l’analyse globale des avoirs.
Pour un compte joint, la présomption légale veut que chaque co-titulaire soit propriétaire à parts égales, soit 50% chacun. Cette présomption peut être renversée si des preuves contraires existent, comme des relevés montrant que seul l’un des conjoints alimentait le compte. Le notaire devra reconstituer la propriété réelle des fonds avant de procéder au partage successoral.
Dans le cas d’un couple marié sous le régime de la communauté, le compte joint est généralement considéré comme un bien commun, ce qui modifie encore la répartition. Le conjoint survivant récupère sa moitié en tant que bien propre, seule l’autre moitié entrant dans la succession.
Que faire en cas de désaccord entre héritiers sur le partage des livrets
Les tensions entre héritiers naissent souvent d’un manque de transparence ou d’informations incomplètes sur les comptes du défunt. La première étape consiste à réclamer des relevés bancaires exhaustifs pour avoir une vision claire de la situation patrimoniale.
Le notaire joue ici un rôle essentiel de médiateur et de tiers de confiance. Il peut proposer des solutions de partage équitable et expliquer les règles légales applicables. Si le blocage persiste malgré son intervention, un juge peut être saisi pour trancher le litige. Cette procédure judiciaire allonge considérablement les délais et génère des frais supplémentaires.
Pour éviter ces situations conflictuelles, il est recommandé d’organiser une réunion de famille dès le début du processus de succession. La communication transparente et la présence d’un professionnel neutre facilitent souvent la résolution amiable des différends.
Bonnes pratiques pour retrouver et déclarer tous les livrets du défunt
Il arrive fréquemment que des livrets soient oubliés ou dispersés dans plusieurs établissements, notamment après une longue vie d’épargne. Un senior peut avoir ouvert un Livret A dans sa jeunesse dans une banque régionale, puis un LDD dans un autre établissement, sans centraliser ses documents.
Les héritiers peuvent solliciter le notaire pour interroger le fichier FICOBA (Fichier des Comptes Bancaires) géré par la Direction générale des Finances publiques. Ce fichier recense tous les comptes détenus par une personne en France. Le notaire peut également utiliser le service Ciclade de la Caisse des Dépôts pour retrouver les comptes inactifs et les sommes non réclamées.
Cette vérification systématique évite de laisser des sommes dormir indéfiniment et sécurise la déclaration complète de l’actif successoral auprès de l’administration fiscale. Une déclaration incomplète peut entraîner des redressements fiscaux ultérieurs avec pénalités.
En résumé, la succession d’un Livret A ou d’un LDD suit des règles précises mais accessibles. En connaissant les démarches à accomplir, les délais bancaires et les leviers d’optimisation fiscale, vous sécurisez la transmission de ces placements et évitez les erreurs coûteuses. N’hésitez pas à vous faire accompagner par un notaire ou un conseiller pour les situations complexes.
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