Faut-il acheter des actions thales en 2025 ? analyse complète et avis

Vous vous demandez s’il est pertinent d’acheter des actions Thales aujourd’hui, au vu du contexte géopolitique et des marchés boursiers chahutés ? La réponse courte : le titre présente des atouts solides (défense, cybersécurité, spatial) mais aussi des risques spécifiques qu’il faut bien mesurer avant d’investir. Ce guide fait le tri entre opportunités, valorisation, dividende et risques, pour vous aider à décider si Thales mérite une place dans votre portefeuille.

Thales en Bourse aujourd’hui entre opportunités sectorielles et points de vigilance

Illustration faut-il acheter des actions Thales opportunités sectorielles et risques

Avant de placer votre argent sur l’action Thales, il est essentiel de comprendre ce qui porte réellement le cours : défense, budgets militaires, sécurité numérique, mais aussi contraintes budgétaires des États. Vous trouverez ici une vue d’ensemble claire des forces et faiblesses du groupe, pour savoir si son profil correspond à votre façon d’investir.

Un groupe au cœur de la défense, de l’aéronautique et de la cybersécurité

Thales se positionne comme un acteur incontournable dans trois secteurs stratégiques. Le groupe fournit des systèmes de défense terrestre, aérienne et navale, notamment des radars, des équipements de combat et des systèmes de commandement. Dans l’aéronautique, il équipe à la fois les avions civils (avionique, divertissement à bord) et militaires. Enfin, la cybersécurité représente un relais de croissance majeur avec des solutions de protection des réseaux critiques et de souveraineté numérique.

L’entreprise française génère environ 18 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont une large partie provient de contrats publics pluriannuels. Cette visibilité contractuelle offre une certaine stabilité des revenus, mais rend aussi Thales dépendant des cycles budgétaires des États. Le groupe emploie plus de 75 000 personnes et opère dans plus de 50 pays, ce qui lui confère une empreinte mondiale tout en restant ancré dans l’écosystème européen de défense.

Comment les tensions géopolitiques influencent-elles réellement l’action Thales ?

Le conflit en Ukraine depuis 2022, les tensions en mer de Chine et au Moyen-Orient ont conduit de nombreux pays à augmenter leurs budgets militaires. L’Allemagne a annoncé un fonds spécial de 100 milliards d’euros pour moderniser sa défense, la France maintient un objectif de 2% du PIB pour ses dépenses militaires, et plusieurs pays européens renforcent leurs commandes d’équipements.

Ces annonces se traduisent concrètement pour Thales : le carnet de commandes du groupe atteint régulièrement des niveaux records, dépassant souvent 40 milliards d’euros. Cependant, le marché boursier anticipe souvent ces bonnes nouvelles plusieurs mois à l’avance. Une annonce de contrat déjà attendue peut même décevoir si elle ne dépasse pas les attentes. La volatilité du titre s’explique donc moins par les fondamentaux que par les mouvements de spéculation et les ajustements d’anticipations des investisseurs.

À moyen terme, la tendance reste favorable : l’OTAN vise 2% du PIB minimum pour tous ses membres, et plusieurs pays asiatiques renforcent leurs capacités. Mais attention au piège du timing : acheter après une forte hausse liée à un événement géopolitique peut vous exposer à une correction quand la tension retombe.

Un historique boursier plutôt solide mais pas sans corrections marquées

Sur les cinq dernières années, l’action Thales a progressé de façon significative, passant de niveaux autour de 70-80 euros à des sommets dépassant 160 euros. Cette performance s’explique par la montée des budgets de défense, mais aussi par une amélioration de la rentabilité opérationnelle du groupe et un carnet de commandes en expansion.

Toutefois, le parcours n’a pas été linéaire. La crise sanitaire de 2020 a provoqué une chute brutale du cours, en raison de l’effondrement du trafic aérien qui impactait la division aéronautique civile. Le titre a également connu des phases de consolidation en 2023 lors de tensions sur les taux d’intérêt, qui pénalisaient l’ensemble des valeurs industrielles.

Période Performance approximative Contexte
2020 -25% Crise COVID, chute du trafic aérien
2021-2022 +60% Reprise post-COVID, tensions géopolitiques
2023 +10% Stabilisation, hausse des taux

Ces variations rappellent que Thales reste une valeur cyclique, sensible aux chocs économiques et politiques. Pour un investisseur de long terme, ces corrections peuvent représenter des opportunités d’achat, à condition de ne pas paniquer au premier recul.

LIRE AUSSI  Placement court terme 3 mois : où placer votre argent sans vous bloquer

Faut-il acheter des actions Thales maintenant ou attendre un meilleur point d’entrée

La vraie question n’est pas seulement de savoir si Thales est une « bonne entreprise », mais si son action est correctement valorisée au moment où vous investissez. Dans cette partie, vous verrez comment évaluer le prix actuel, le rendement dividende, ainsi que les scénarios d’achat possibles selon votre profil d’investisseur.

À quel prix l’action Thales devient-elle intéressante pour un achat raisonné ?

Pour juger la valorisation de Thales, plusieurs indicateurs sont à surveiller. Le PER (ratio cours/bénéfice) du titre oscille généralement entre 15 et 20, ce qui le situe dans la moyenne des grandes valeurs de défense européennes comme BAE Systems, Leonardo ou Rheinmetall. Un PER inférieur à 15 peut signaler une opportunité, surtout si les perspectives de bénéfices restent solides. Au-delà de 20, le marché paie cher la croissance future, ce qui laisse peu de marge d’erreur.

Le ratio cours/valeur comptable et le rendement du cash-flow libre donnent aussi des indications utiles. Si Thales génère un flux de trésorerie disponible supérieur à 1 milliard d’euros par an et que sa capitalisation boursière se situe autour de 25-30 milliards, le titre offre une valorisation équilibrée. En revanche, une capitalisation dépassant 35 milliards avec une croissance organique inférieure à 5% pourrait indiquer une surchauffe.

Comparez également Thales à ses pairs : si le titre affiche une décote par rapport à Lockheed Martin ou Northrop Grumman (en tenant compte des différences de taille et de marges), cela peut justifier un intérêt. Mais ne vous fiez pas qu’aux ratios : la qualité du carnet de commandes et la visibilité sur plusieurs années comptent autant que les multiples financiers.

Dividende Thales stable ou en croissance quel intérêt pour les investisseurs

Thales verse un dividende régulier depuis de nombreuses années, avec une tendance à l’augmentation progressive. Le rendement du dividende se situe généralement entre 2% et 3%, ce qui n’est pas spectaculaire comparé à des valeurs de rendement pur, mais reste attractif pour une valeur de croissance dans la défense.

Le taux de distribution (part du bénéfice versée en dividende) se maintient autour de 40-50%, ce qui laisse suffisamment de marge pour financer les investissements en R&D, les acquisitions ciblées et le remboursement de la dette. Cette politique équilibrée rassure les investisseurs en quête de revenus récurrents sans mettre en danger la capacité du groupe à innover et croître.

Pour un portefeuille orienté dividendes, Thales peut constituer un complément intéressant aux valeurs de rendement classiques (assurance, utilities). Le dividende n’est pas le plus élevé du marché, mais sa régularité et sa progression potentielle en font un atout dans une logique de détention longue. Attention toutefois : en cas de retournement de cycle ou de crise sectorielle, le dividende pourrait être ajusté, même si rien n’indique ce scénario à court terme.

Investir maintenant ou attendre une correction comment trancher en pratique

Si le cours de Thales se trouve proche de ses plus hauts historiques après une hausse de 30% en quelques mois, la prudence s’impose. Dans ce cas, privilégiez une stratégie d’achat progressif : fractionnez votre investissement en plusieurs tranches sur trois à six mois, pour lisser le prix d’achat et réduire le risque de mauvais timing.

À l’inverse, si une correction de marché générale (krach, crise des taux, tensions macroéconomiques) fait chuter le titre de 15-20% alors que les fondamentaux de Thales restent intacts, c’est souvent le moment d’agir. Vérifiez alors que le carnet de commandes ne se dégrade pas, que les marges opérationnelles tiennent bon et que le management confirme ses objectifs. Une correction technique n’est pas un signal de vente, mais une fenêtre d’achat pour les investisseurs patients.

Votre horizon de placement compte énormément : si vous investissez pour dix ans ou plus, une différence de 10% sur le prix d’achat aura un impact limité sur votre performance finale. Si vous visez un gain à deux ou trois ans, la qualité du timing devient plus critique. Adaptez donc votre stratégie à vos objectifs personnels et à votre tolérance au stress quand le marché fluctue.

LIRE AUSSI  Déblocage per à la retraite : règles, stratégies et erreurs à éviter

Perspectives de croissance de Thales entre carnet de commandes et innovation technologique

Image faut-il acheter des actions Thales croissance carnet commandes et innovation

Au-delà du cours de Bourse, ce sont les perspectives industrielles de Thales qui conditionnent sa création de valeur future. Nous passons ici en revue les moteurs de croissance : contrats de défense, cybersécurité, spatial, mais aussi les menaces concurrentielles et réglementaires qui pourraient freiner la dynamique.

Quels sont les moteurs de croissance de Thales sur cinq à dix ans ?

Le principal moteur reste l’augmentation structurelle des budgets de défense en Europe, en Asie-Pacifique et en Amérique du Nord. L’objectif de 2% du PIB pour les pays de l’OTAN, s’il est respecté, représente plusieurs dizaines de milliards d’euros de dépenses supplémentaires sur la prochaine décennie. Thales captera une partie de ces investissements grâce à sa position sur les radars, les systèmes de combat, les drones et les équipements de communication sécurisée.

La cybersécurité constitue un second relais puissant. Avec la multiplication des cyberattaques contre les infrastructures critiques (énergie, transports, santé), les États et grandes entreprises investissent massivement dans la protection de leurs systèmes. Thales, via ses filiales spécialisées, propose des solutions de chiffrement, de détection d’intrusions et de gestion des identités numériques. Ce segment affiche une croissance à deux chiffres et des marges supérieures à la moyenne du groupe.

Le spatial et les satellites représentent le troisième pilier. Thales Alenia Space, détenu conjointement avec Leonardo, fournit des satellites d’observation, de télécommunications et de navigation. La demande pour les constellations de satellites (internet global, surveillance environnementale) explose, portée par des acteurs publics et privés. Ce marché devrait continuer à croître fortement jusqu’en 2030 et au-delà.

Cybersécurité, IA, défense aérienne comment Thales se positionne sur l’innovation

Thales investit environ 1 milliard d’euros par an en R&D, soit près de 5% de son chiffre d’affaires. Ces efforts se concentrent sur plusieurs domaines clés : l’intelligence artificielle appliquée aux systèmes de défense (reconnaissance automatique de cibles, optimisation de trajectoires), les technologies quantiques pour la sécurité des communications, et les systèmes autonomes (drones, véhicules terrestres sans pilote).

Le groupe a également renforcé ses capacités en cybersécurité via l’acquisition de sociétés spécialisées et le développement de centres d’excellence en France, au Royaume-Uni et au Canada. Cette stratégie vise à monter en gamme sur des segments à forte valeur ajoutée, où les barrières à l’entrée sont élevées et les marges plus confortables.

En défense aérienne, Thales travaille sur des systèmes de nouvelle génération capables de détecter et neutraliser les menaces hypersoniques, les essaims de drones et les missiles balistiques. Ces programmes, souvent en partenariat avec d’autres industriels européens, bénéficient de financements publics importants dans le cadre de la souveraineté stratégique européenne.

Une dépendance aux États clients qui reste un risque structurel important

Malgré sa diversification géographique et sectorielle, Thales reste largement dépendant d’un nombre limité de grands clients publics : France, Royaume-Uni, Australie, pays du Golfe, Inde. Ces États peuvent modifier leurs priorités budgétaires, reporter des commandes ou annuler des programmes en cas de crise économique ou de changement politique.

Les cycles électoraux influencent aussi les décisions d’achat : un gouvernement hostile aux dépenses militaires pourrait freiner certains projets. De même, les tensions diplomatiques entre pays peuvent bloquer des exportations d’armes ou de technologies sensibles, réduisant les opportunités commerciales de Thales à l’international.

Ce risque client est partiellement compensé par la longueur des contrats (cinq à quinze ans) et la nature stratégique des équipements fournis, difficiles à remplacer rapidement. Mais il ne disparaît jamais totalement : un investisseur dans Thales doit accepter cette exposition structurelle aux décisions politiques, qui peut générer de la volatilité même si les fondamentaux industriels restent solides.

Comment intégrer ou non l’action Thales dans une stratégie d’investissement globale

Savoir si vous devez acheter l’action Thales dépend aussi de votre portefeuille existant, de votre sensibilité aux valeurs de défense et de votre horizon de placement. Cette dernière partie vous aide à positionner Thales parmi les autres actions, ETF ou secteurs que vous détenez déjà, pour éviter les déséquilibres.

Thales convient-il davantage à un investisseur prudent ou dynamique en Bourse ?

Le profil de Thales mélange stabilité et volatilité. D’un côté, la visibilité du carnet de commandes, le caractère stratégique des produits et la régularité du dividende rassurent les investisseurs prudents. De l’autre, les variations brutales du cours liées aux événements géopolitiques et aux cycles budgétaires exigent une certaine tolérance au risque.

LIRE AUSSI  Virement 840 euros : comment comprendre, vérifier et sécuriser l’opération

Un investisseur prudent peut considérer Thales comme une valeur de diversification dans le secteur défense, à condition de ne pas y consacrer plus de 5-10% de son portefeuille total. Cette exposition modérée permet de capter le potentiel de hausse sans subir un choc trop violent en cas de correction sectorielle.

Un investisseur dynamique, à l’aise avec la volatilité, pourra augmenter cette part et profiter des phases de correction pour renforcer ses positions. Il surveillera de près l’actualité du groupe, les publications trimestrielles et les annonces de contrats pour ajuster son allocation. Dans tous les cas, une détention sur cinq ans minimum est recommandée pour lisser les fluctuations et laisser aux fondamentaux le temps de se déployer.

Comment éviter de surpondérer le secteur défense dans votre portefeuille actions

Si vous détenez déjà d’autres valeurs de défense (Dassault Aviation, Safran, Airbus côté européen, ou Lockheed Martin, Raytheon côté américain), ajouter Thales peut créer une concentration excessive sur un seul secteur. En cas de retournement du cycle défense ou de crise sectorielle, votre portefeuille subirait un choc important.

Pour mesurer votre exposition, additionnez le poids de toutes vos positions liées à la défense et à l’aérospatial. Si ce total dépasse 20-25% de votre portefeuille actions, il est temps de rééquilibrer. Privilégiez alors d’autres secteurs moins corrélés : santé, technologies de l’information, biens de consommation, utilities ou finance.

Une bonne diversification sectorielle réduit la volatilité globale de votre portefeuille et améliore le couple rendement/risque sur le long terme. Thales a sa place dans un portefeuille équilibré, mais ne doit jamais devenir une position démesurée par rapport à votre patrimoine financier total.

Faut-il acheter des actions Thales ou privilégier un ETF défense plus diversifié ?

Pour les investisseurs qui ne souhaitent pas suivre l’actualité d’une entreprise en particulier, un ETF sectoriel défense peut être une alternative intéressante. Ces fonds répliquent la performance d’un panier de valeurs du secteur (Lockheed Martin, Northrop Grumman, BAE Systems, Rheinmetall, Thales, etc.), ce qui dilue le risque spécifique à chaque titre.

L’avantage de l’ETF : vous bénéficiez de la dynamique globale du secteur sans subir les aléas particuliers d’une seule société (retard de programme, scandale, perte de contrat). L’inconvénient : vous renoncez au potentiel de surperformance individuelle de Thales si le groupe fait mieux que ses concurrents.

Le choix entre action en direct et ETF dépend de votre temps disponible, de votre expertise et de votre goût pour la gestion active. Si vous aimez suivre les entreprises, analyser les résultats et ajuster vos positions, acheter Thales en direct a du sens. Si vous préférez une approche passive et simplifiée, l’ETF défense sera plus adapté. Dans tous les cas, assurez-vous que votre choix s’inscrit dans une stratégie d’investissement cohérente avec vos objectifs financiers et votre tolérance au risque.

Conclusion : Acheter des actions Thales en 2025 peut se justifier si vous recherchez une exposition à la défense, à la cybersécurité et au spatial, dans un contexte de hausse durable des budgets militaires. Le titre offre une certaine visibilité de revenus, un dividende régulier et des perspectives de croissance portées par l’innovation technologique. Cependant, la valorisation actuelle, la dépendance aux États clients et la volatilité liée aux cycles géopolitiques exigent une analyse rigoureuse avant d’investir. Évaluez votre portefeuille global, votre horizon de placement et votre tolérance au risque pour décider si Thales mérite une place chez vous, en direct ou via un ETF sectoriel.

Éloïse Vanier-Bressac

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut