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DPE 2026 : le coefficient électrique qui peut faire gagner une classe aux logements F et G

Éloïse Vanier-Bressac 8 min de lecture
DPE 2026 : coefficient électrique pour logements F et G

Le DPE 2026 concerne surtout les logements chauffés à l’électricité, les bailleurs exposés aux interdictions de louer et les acheteurs qui veulent savoir si une étiquette énergétique peut évoluer sans travaux. Le changement principal porte sur le calcul de l’électricité dans le diagnostic de performance énergétique. Il peut améliorer la classe de certains biens, mais il ne transforme pas un logement inconfortable en logement performant.

Ce qui change réellement avec le DPE 2026

À partir du 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE passe de 2,3 à 1,9. Ce coefficient sert à convertir l’énergie finale consommée dans le logement en énergie primaire, celle qui entre dans le calcul de la note. Résultat, l’électricité est moins pénalisée qu’auparavant.

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Cette évolution concerne surtout les logements dont le chauffage, l’eau chaude sanitaire ou certains équipements fonctionnent à l’électricité. Un appartement avec des radiateurs électriques récents, une maison équipée d’une pompe à chaleur ou un bien déjà sobre peut donc voir son étiquette s’améliorer. Dans certains cas, cela suffit pour quitter les classes F ou G. Dans d’autres, l’effet reste limité.

Le gouvernement a indiqué qu’environ 850 000 logements pourraient sortir du statut de passoire énergétique grâce à cette modification. Ce chiffre donne l’ordre de grandeur, mais il ne préjuge pas du cas individuel. Tout dépend du DPE actuel, des consommations retenues, de l’isolation, de la ventilation, de la surface et du système de chauffage.

Un changement de calcul, pas une rénovation invisible

Le nouveau coefficient ne change ni l’épaisseur de l’isolant, ni la qualité des fenêtres, ni les ponts thermiques. Il modifie seulement la façon dont le diagnostic valorise l’électricité par rapport aux autres énergies. Un logement dont la mauvaise note tient surtout au mode de calcul peut gagner une classe. En revanche, un bien mal isolé, humide ou difficile à chauffer reste pénalisé.

Le point à retenir est simple. Cette réforme peut corriger une partie de la note, pas les défauts physiques du logement. Un propriétaire bailleur ne doit donc pas la voir comme un remplacement des travaux quand le bien présente de vrais problèmes de confort. Un acheteur, lui, a intérêt à regarder l’étiquette, mais aussi les recommandations du diagnostiqueur, les factures, l’exposition, l’état de la ventilation et la sensation thermique pendant les visites.

Quels logements peuvent gagner une classe énergétique ?

Les biens les plus concernés sont ceux dont la note se situe près d’un seuil entre deux classes. Un logement classé F de peu, chauffé à l’électricité et doté d’une enveloppe correcte a plus de chances de basculer en E qu’une maison classée G très énergivore. La réforme agit comme un réglage de trajectoire : elle peut faire franchir une frontière, mais elle compense rarement plusieurs faiblesses à la fois.

Chauffage électrique, pompe à chaleur et petites surfaces

Les logements équipés d’une pompe à chaleur peuvent être favorisés, car ce système utilise l’électricité tout en restituant plus de chaleur qu’il ne consomme d’énergie électrique. Les logements avec convecteurs anciens peuvent aussi être concernés, mais seulement si le reste du bâti limite les besoins de chauffage. Dans un bien très mal isolé, un coefficient plus favorable ne suffit pas toujours.

Les petites surfaces demandent aussi de l’attention, car leur DPE peut être sensible à certains postes fixes, notamment l’eau chaude. Des corrections ont déjà été apportées pour les petites surfaces avant cette échéance, mais le DPE 2026 ajoute un paramètre supplémentaire pour les biens électriques. Pour un studio ou un deux-pièces, quelques kWh par mètre carré peuvent peser lourd dans le classement final.

Le bon réflexe : regarder la marge, pas seulement la lettre

Deux logements classés F ne se ressemblent pas forcément. L’un peut être tout près de la classe E, l’autre proche de la classe G. Avant d’attendre une amélioration automatique, il faut examiner les valeurs indiquées dans le diagnostic : consommation d’énergie primaire, émissions de gaz à effet de serre et recommandations de travaux. La lettre aide à se repérer, mais les chiffres expliquent pourquoi le logement est classé ainsi.

Il vaut donc mieux regarder la marge que la seule lettre. Si le bien se situe juste sous un seuil, le nouveau coefficient peut changer la donne. Si plusieurs postes sont déjà défavorables, l’effet sera plus modeste. Cette lecture évite les mauvaises surprises au moment de vendre, de louer ou de budgéter des travaux.

Faut-il refaire son diagnostic en 2026 ?

La question est centrale pour les propriétaires : faut-il payer un nouveau DPE pour bénéficier du coefficient de 1,9 ? Le principe annoncé est qu’il ne serait pas nécessaire de refaire systématiquement un diagnostic lorsque le logement est concerné par la modification du coefficient électrique. Une attestation devrait permettre de justifier la nouvelle étiquette lorsque le DPE existant reste valide.

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Cette solution évite une vague de diagnostics inutiles. Elle compte particulièrement pour les bailleurs qui possèdent déjà un DPE récent, établi selon la méthode en vigueur depuis la réforme de 2021. En revanche, si le diagnostic est ancien, invalide, incomplet ou si des travaux ont été réalisés depuis, refaire un DPE peut rester utile.

Validité du DPE : le point à vérifier avant toute décision

Un DPE a en principe une durée de validité de 10 ans, mais les diagnostics réalisés avant la réforme de juillet 2021 ont connu des règles transitoires. Les plus anciens ne peuvent plus être utilisés pour vendre ou louer. Avant de raisonner sur le DPE 2026, il faut donc vérifier la date du document et sa validité réelle.

Si vous avez remplacé un chauffage, isolé des combles, changé des fenêtres ou installé une ventilation performante, un nouveau diagnostic peut mieux refléter l’état actuel du bien. À l’inverse, si aucun travail n’a été fait et que le seul sujet est le coefficient électrique, l’attestation prévue peut suffire lorsque le logement entre dans le dispositif.

Vente, location : ne pas attendre le dernier moment

Pour une mise en vente ou une relocation, mieux vaut anticiper. Une étiquette qui change peut modifier la stratégie de prix, le calendrier de location ou les documents à fournir. En copropriété, les informations collectives peuvent aussi influencer l’analyse, notamment lorsque le chauffage ou l’eau chaude sont communs.

Un vendeur a intérêt à disposer d’un dossier clair avant la publication de l’annonce. Un bailleur, lui, doit s’assurer que le logement respecte les critères de décence énergétique applicables. Le DPE 2026 peut aider certains biens électriques, mais il ne dispense pas de vérifier les obligations légales en vigueur au moment de louer.

DPE 2026 et interdictions de louer : ce que cela peut changer

Le calendrier des restrictions de location reste un sujet majeur. Les logements les plus énergivores sont progressivement exclus du marché locatif s’ils ne respectent pas les seuils de performance exigés. Les logements classés G sont déjà soumis à des contraintes, les F sont concernés ensuite, puis les E à plus long terme.

Dans ce contexte, le passage du coefficient électrique de 2,3 à 1,9 peut avoir un effet très concret. Un logement qui sort de F ou G peut échapper à certaines échéances, à condition que la nouvelle étiquette soit bien reconnue et que le diagnostic soit valable. Pour les bailleurs, cela peut changer une décision de travaux immédiats, une négociation bancaire ou la possibilité de maintenir le bien en location.

Attention aux effets de seuil

Les effets de seuil sont puissants, mais parfois trompeurs. Gagner une classe améliore la situation réglementaire, sans améliorer proportionnellement le confort du locataire ni les dépenses d’énergie. Un logement passé de F à E peut rester coûteux à chauffer si l’isolation est médiocre ou si les équipements sont anciens.

Pour un bailleur, la bonne approche consiste à distinguer deux objectifs : sécuriser la conformité réglementaire et améliorer durablement la qualité du logement. Le premier peut parfois être atteint par le nouveau calcul. Le second demande souvent des travaux ciblés, comme l’isolation des combles, le traitement des infiltrations d’air, l’équilibrage du chauffage ou la modernisation de l’eau chaude sanitaire.

Comment se préparer sans se tromper

La meilleure préparation consiste à réunir les documents existants : DPE actuel, factures de travaux, notices des équipements, année de pose des fenêtres, caractéristiques de l’isolation et diagnostics précédents. Plus les informations sont précises, plus l’analyse sera fiable. Un diagnostic réalisé avec des données par défaut peut être moins favorable qu’un DPE appuyé sur des justificatifs solides.

  • Vérifiez la date du DPE et sa validité avant d’engager des frais.
  • Identifiez l’énergie principale utilisée pour le chauffage et l’eau chaude.
  • Regardez les valeurs chiffrées, surtout si la classe actuelle est proche d’un seuil.
  • Conservez les preuves de travaux : devis, factures, fiches techniques, attestations.
  • Ne repoussez pas les travaux utiles si le logement reste inconfortable ou trop énergivore.

Pour arbitrer, on peut raisonner simplement : si le logement est électrique et proche d’une meilleure classe, le DPE 2026 peut avoir un impact administratif important. Si le logement est très dégradé, mal ventilé ou difficile à chauffer, il faut plutôt voir cette réforme comme une opportunité de recalcul, pas comme une solution. Dans tous les cas, la performance énergétique la plus solide reste celle qui se constate à la fois sur le diagnostic, dans les factures et dans le confort quotidien.

Éloïse Vanier-Bressac
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