Vous vous demandez si vous pouvez ouvrir plusieurs PER pour optimiser votre épargne retraite, sans tout compliquer ni perdre en avantages fiscaux. La réponse est oui, mais cela implique des règles, des limites et des bonnes pratiques à connaître pour éviter les mauvaises surprises. Dans cet article, vous allez voir rapidement dans quels cas plusieurs PER sont pertinents, comment les gérer et quelles erreurs éviter.
Avoir plusieurs PER en parallèle

Il est tout à fait possible juridiquement de détenir plusieurs plans d’épargne retraite, mais cela ne veut pas dire que c’est toujours judicieux pour vous. L’enjeu est de comprendre comment ces PER cohabitent, fiscalement et financièrement, pour vérifier que cette stratégie sert vraiment vos objectifs. Commençons par clarifier ce que la loi autorise et ce que les banques ou assureurs pratiquent au quotidien.
Peut-on ouvrir plusieurs PER individuels sans enfreindre la réglementation actuelle ?
Aucune disposition légale ne limite le nombre de PER individuels que vous pouvez détenir. La loi PACTE de 2019 a instauré le PER comme produit d’épargne retraite universel, sans jamais imposer de restriction quantitative sur les contrats. Seuls les plafonds de déduction fiscale sont encadrés, pas le nombre d’enveloppes.
Concrètement, vous pouvez donc souscrire un PER chez votre banque, un autre chez un assureur et un troisième via un courtier en ligne. Les établissements financiers acceptent cette situation, car chaque contrat génère des frais de gestion distincts. La seule limite vient de votre capacité à les suivre efficacement et à rentabiliser ces multiples ouvertures.
Comment fonctionnent les plafonds fiscaux avec plusieurs PER en même temps ?
Le plafond de déduction fiscale reste unique, quel que soit le nombre de PER détenus. Pour 2025, ce plafond correspond à 10% de vos revenus professionnels de l’année précédente, dans la limite de 35 193 euros. Si vous versez 15 000 euros sur un premier PER et 10 000 euros sur un second, vous consommez 25 000 euros de votre plafond global.
Votre avis d’imposition indique chaque année le montant total déductible. Il devient donc crucial de répartir intelligemment vos versements entre vos différents contrats pour ne pas dépasser ce montant, au risque de perdre l’avantage fiscal sur la part excédentaire. Un simple tableau de suivi annuel vous évite cette erreur coûteuse.
Différences entre PER bancaire, PER assurance et PER d’entreprise
Le PER bancaire s’apparente à un compte-titres orienté retraite. Il offre généralement un accès direct aux marchés financiers via des ETF, actions ou obligations, avec une grande flexibilité de gestion. Les frais sont souvent variables selon votre activité d’arbitrage, et il n’y a pas de garantie en capital.
Le PER assurance fonctionne sur le modèle de l’assurance-vie. Il propose un fonds en euros garanti, des unités de compte diversifiées et parfois des options de prévoyance en cas de décès. Les frais sont plus structurés mais peuvent être élevés, particulièrement les frais sur versement et de gestion annuels.
Le PER d’entreprise, qu’il soit collectif ou obligatoire, dépend de votre employeur. L’entreprise peut abonder vos versements, ce qui constitue un avantage non négligeable. Les règles de sortie et de gestion sont souvent moins souples, mais l’intéressement et la participation peuvent y être versés automatiquement.
| Type de PER | Avantages principaux | Inconvénients typiques |
|---|---|---|
| PER bancaire | Flexibilité, accès aux marchés | Absence de garantie en capital |
| PER assurance | Fonds euros garanti, prévoyance | Frais souvent élevés |
| PER entreprise | Abondement employeur | Moins de liberté de gestion |
Stratégies pour bien utiliser plusieurs PER

Multiplier les PER n’a de sens que si chaque contrat répond à une fonction précise dans votre stratégie d’épargne retraite. Il ne s’agit pas d’ouvrir des PER « pour voir », mais de tirer parti des différences de frais, de supports d’investissement et de fiscalité à la sortie. Vous allez voir comment articuler vos PER pour gagner en performance sans perdre en lisibilité.
Dans quels cas cumuler plusieurs PER devient réellement intéressant pour vous ?
La diversification des gestionnaires constitue une première raison valable. Si vous avez des doutes sur la solidité ou la performance d’un établissement, répartir votre épargne retraite entre deux ou trois acteurs réduit le risque de concentration. C’est particulièrement pertinent pour les gros patrimoines dépassant les garanties du Fonds de Garantie des Assurances de Personnes.
Vous pouvez également vouloir combiner les avantages de différents types de contrats. Par exemple, conserver un PER assurance pour le fonds en euros sécurisé tout en ouvrant un PER bancaire pour investir sur des actions internationales via des ETF. Cette approche permet d’ajuster votre allocation d’actifs de manière plus fine selon votre âge et votre appétence au risque.
Enfin, si vous changez régulièrement d’employeur, vous cumulez naturellement des PER d’entreprise successifs. Plutôt que de tout transférer immédiatement, certains épargnants conservent ces contrats pour bénéficier des abondements différés ou des conditions tarifaires négociées collectivement.
Comment sélectionner les PER à conserver ou à ouvrir pour optimiser vos frais ?
Commencez par dresser un tableau comparatif des frais de vos PER actuels et potentiels. Notez les frais sur versement (de 0% à 5%), les frais de gestion annuels (de 0,5% à 1% en moyenne) et les frais d’arbitrage. Un PER qui prélève 3% à l’entrée et 1% par an coûte significativement plus cher qu’un contrat sans frais d’entrée à 0,6% annuel.
Si vous identifiez un contrat particulièrement coûteux avec des performances décevantes, le transfert vers un PER mieux-disant devient une option à étudier sérieusement. Depuis 2022, les frais de transfert sont plafonnés à 1% de l’épargne transférée, et gratuits au-delà de cinq ans d’ancienneté du contrat.
L’objectif n’est pas d’avoir le plus grand nombre de PER, mais deux ou trois contrats de qualité qui se complètent. Un PER principal pour vos versements réguliers et un second pour une stratégie différente suffisent généralement, sauf situation patrimoniale complexe.
Faut-il séparer les stratégies d’épargne et de défiscalisation sur plusieurs PER ?
Certains épargnants adoptent une logique de double usage. Un premier PER sert principalement à défiscaliser les années de revenus élevés, avec des versements importants déductibles. Un second PER, alimenté sans déduction fiscale, permet une sortie en capital totalement exonérée d’impôt sur le revenu à la retraite (hors prélèvements sociaux).
Cette séparation mentale aide à clarifier vos objectifs, mais attention : fiscalement, l’administration ne fait pas de distinction entre vos différents PER. Le plafond de déduction reste unique et global. Ce qui compte, c’est que vous documentiez clairement sur quel PER vous déduisez vos versements chaque année pour anticiper la fiscalité à la sortie.
Dans la pratique, un tableur simple avec trois colonnes (PER, versements déductibles, versements non déductibles) suffit à suivre cette stratégie sur la durée. Vous saurez ainsi précisément quelle part de votre épargne sera imposable à la retraite et quelle part sera déjà nette d’impôt.
Gestion et suivi de plusieurs PER au quotidien
Avoir plusieurs PER suppose une certaine rigueur de suivi, sous peine d’oublier des contrats, de mal répartir vos versements ou de multiplier les frais inutiles. Une organisation simple et quelques réflexes peuvent transformer cette complexité apparente en véritable levier d’optimisation. Voyons comment garder la main sans y passer des heures chaque mois.
Comment suivre efficacement plusieurs PER sans vous perdre dans les tableaux ?
La méthode la plus efficace reste un document centralisé qui liste vos informations essentielles : nom de l’établissement, numéro de contrat, montant des encours, frais annuels, allocation d’actifs et performances récentes. Un simple fichier tableur que vous mettez à jour deux fois par an suffit amplement.
Les agrégateurs financiers en ligne comme Linxea, Bankin’ ou vos applications bancaires proposent parfois une vision consolidée de vos placements. Bien que tous les PER ne soient pas toujours reconnus automatiquement, ces outils vous donnent rapidement une photo globale de votre patrimoine retraite.
Fixez-vous un rendez-vous annuel, idéalement au moment de votre déclaration fiscale, pour vérifier la cohérence de votre stratégie. C’est le moment d’ajuster vos allocations si vous approchez de la retraite, de transférer un PER devenu obsolète ou de réallouer vos versements futurs vers le contrat le plus performant.
Comment répartir vos versements entre plusieurs PER de manière cohérente ?
La logique de base consiste à privilégier le PER avec les frais les plus bas et l’allocation la mieux adaptée à votre horizon. Si vous êtes à 15 ans de la retraite, un PER dynamique investi à 70% en actions peut recevoir vos versements réguliers, tandis qu’un PER plus prudent avec fonds en euros accueille vos versements exceptionnels.
Vous pouvez aussi adopter une règle simple : versements réguliers mensuels sur le PER principal, prime annuelle ou épargne exceptionnelle sur le PER secondaire. Cette automatisation évite de vous poser la question chaque mois et garantit une discipline d’épargne régulière.
Attention toutefois à ne pas tomber dans l’excès de diversification. Répartir 100 euros sur trois PER différents chaque mois peut générer plus de frais que de bénéfices. Concentrez vos efforts sur un ou deux contrats de qualité plutôt que de saupoudrer de petites sommes partout.
Que se passe-t-il pour vos PER si vous changez souvent d’employeur ?
Chaque changement d’employeur peut vous faire accumuler un nouveau PER collectif ou obligatoire. Sans action de votre part, vous vous retrouvez rapidement avec quatre ou cinq contrats entreprise dormants, souvent mal investis et chargés en frais une fois que vous n’êtes plus salarié de l’entreprise.
La loi vous autorise à transférer ces anciens PER d’entreprise vers votre PER individuel ou vers le nouveau plan de votre employeur actuel. Cette portabilité est gratuite après cinq ans d’ancienneté, et plafonnée à 1% avant. Elle vous permet de regrouper votre épargne retraite et de bénéficier de conditions tarifaires souvent meilleures sur un contrat récent.
Prenez le réflexe, à chaque départ d’entreprise, de demander un relevé de situation de votre PER et d’étudier l’opportunité d’un transfert. Trois mois après votre prise de poste, une fois que vous aurez évalué la qualité du nouveau PER entreprise, vous pourrez décider sereinement de regrouper ou non vos anciens contrats.
Sortie, fiscalité et transferts quand on a plusieurs PER
La question n’est pas seulement de savoir si vous pouvez avoir plusieurs PER, mais comment ils seront imposés et liquidés à la retraite ou en cas de besoin. La sortie en capital, en rente ou mixte doit se penser globalement, surtout quand plusieurs contrats coexistent. Cette dernière partie vous aide à anticiper les impacts fiscaux et les bons choix de transfert.
Comment sont imposés vos différents PER au moment de la sortie retraite ?
La fiscalité à la sortie dépend de la nature des versements effectués, pas du nombre de PER. Les sommes issues de versements volontaires déductibles sont imposées comme des pensions de retraite au barème progressif de l’impôt sur le revenu, avec un abattement de 10%. Les versements non déduits sortent en franchise d’impôt, seules les plus-values étant taxées.
Si vous avez trois PER avec des historiques de versements différents, chaque contrat appliquera sa propre fiscalité selon son origine. Vous pouvez donc choisir de sortir en capital le PER alimenté sans déduction fiscale pour éviter l’impôt, tout en sortant en rente le PER dont les versements ont été déduits.
Cette souplesse nécessite toutefois une bonne traçabilité. Conservez précieusement vos avis d’imposition et vos relevés annuels de PER qui détaillent la part de versements déductibles et non déductibles. Sans ces documents, l’administration fiscale appliquera par défaut le régime le moins favorable.
Dans quels cas regrouper vos PER par transfert devient une meilleure option ?
Le regroupement par transfert devient pertinent quand vous approchez de la retraite et que la simplicité de gestion devient prioritaire. Liquider quatre PER différents au fil de vos besoins demande plus d’énergie et de démarches administratives que de gérer un seul contrat bien dimensionné.
C’est également judicieux si vous détenez plusieurs petits PER aux frais élevés. Transférer trois contrats de 10 000 euros chacun vers un PER aux frais réduits vous fera économiser plusieurs centaines d’euros par an en frais de gestion. Sur 10 ans avant la retraite, le gain peut atteindre plusieurs milliers d’euros.
Attention cependant aux garanties plancher ou aux bonus de fidélité que certains anciens contrats peuvent offrir. Avant tout transfert, vérifiez que vous ne perdez pas un avantage significatif qui justifierait de conserver ce PER spécifique malgré des frais plus élevés.
Peut-on débloquer plusieurs PER de manière anticipée pour un achat de résidence principale ?
L’acquisition de la résidence principale constitue l’un des rares cas de déblocage anticipé autorisés par la loi. Cette possibilité s’applique à chaque PER que vous détenez, qu’il soit individuel ou d’entreprise. Vous pouvez donc mobiliser simultanément vos trois PER pour renforcer votre apport personnel lors de l’achat.
La procédure reste simple : vous devez fournir à chaque gestionnaire de PER un justificatif d’achat (compromis de vente ou acte authentique) et une attestation sur l’honneur que vous n’avez pas été propriétaire de votre résidence principale au cours des deux années précédentes. Les établissements disposent ensuite de trois mois pour débloquer les fonds.
Avant de vider largement vos PER pour un achat immobilier, mesurez bien l’impact sur votre future retraite. Retirer 50 000 euros à 40 ans peut vous priver de plus de 100 000 euros à 65 ans avec la capitalisation. Privilégiez le déblocage partiel plutôt que total, et concentrez-vous sur les PER les moins performants si vous devez faire un choix.
En résumé, détenir plusieurs PER est parfaitement légal et peut même s’avérer stratégique pour diversifier vos supports, vos gestionnaires et optimiser vos frais. Mais cette multiplication de contrats n’augmente pas votre plafond fiscal et exige une rigueur de suivi pour rester efficace. Avant d’ouvrir un nouveau PER, posez-vous toujours la question de sa valeur ajoutée réelle par rapport à vos contrats existants, et n’hésitez pas à regrouper pour simplifier votre gestion à l’approche de la retraite.
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