Peut-on déduire les intérêts d’emprunt pour une résidence principale ?
Vous vous demandez si les intérêts de votre crédit immobilier pour votre résidence principale sont déductibles de vos impôts. La réponse, aujourd’hui, est quasiment toujours non… mais avec quelques nuances importantes et quelques cas particuliers. Ce guide fait le point de manière claire pour éviter les mauvaises surprises et vous aider à optimiser légalement votre fiscalité immobilière.
Situation actuelle de la déduction des intérêts d’emprunt en France

Avant, la déduction des intérêts d’emprunt pour la résidence principale était un levier fiscal connu. Aujourd’hui, ce dispositif a disparu pour la grande majorité des contribuables, sauf héritage de vieux dispositifs et quelques situations spécifiques. Voyons précisément dans quels cas vous pouvez, ou non, encore en bénéficier.
Pourquoi la déduction des intérêts d’emprunt sur la résidence principale a été supprimée
Pendant plusieurs années, un crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt aidait les acheteurs de résidence principale. Ce mécanisme permettait de récupérer une partie des intérêts versés lors des premières années du prêt. Cependant, ce dispositif a été jugé coûteux pour l’État, peu ciblé socialement et inefficace sur le long terme pour faciliter l’accès au logement.
Le gouvernement a constaté que cet avantage fiscal bénéficiait surtout aux ménages ayant déjà la capacité d’emprunter, sans réellement élargir l’accès à la propriété. De plus, certains économistes ont démontré que cette aide avait simplement contribué à faire monter les prix de l’immobilier, annulant ainsi une partie de son effet. Le dispositif a donc été progressivement supprimé pour les nouveaux prêts immobiliers à partir de 2011.
Peut-on encore déduire ses intérêts de prêt pour une résidence principale aujourd’hui ?
Pour un achat récent de résidence principale, vous ne pouvez plus déduire les intérêts de votre prêt de vos revenus imposables. Cette règle s’applique à tous les emprunts contractés depuis 2011, quelle que soit leur nature : prêt classique, prêt conventionné ou prêt d’accession sociale.
Seuls certains contribuables ayant souscrit un emprunt à une période donnée peuvent encore profiter de droits résiduels, dans le cadre de l’ancien crédit d’impôt. Il est essentiel de vérifier la date de votre offre de prêt et les textes applicables au moment de la signature. Si votre offre de prêt a été émise avant le 1er janvier 2011, vous avez peut-être bénéficié de cet avantage pendant les premières années.
Quels anciens dispositifs fiscaux continuent à produire des effets résiduels ?
Les crédits souscrits à une époque où la loi autorisait la déduction ou le crédit d’impôt peuvent conserver cet avantage sur une durée limitée. Le crédit d’impôt accordé pour les offres de prêt émises entre 2007 et 2010 s’appliquait généralement sur 5 à 7 annuités, selon l’année de souscription.
Concrètement, si vous avez signé votre offre de prêt en 2010, vous avez pu bénéficier du crédit d’impôt jusqu’en 2015 environ. Aujourd’hui, en 2025, ces dispositifs sont totalement éteints pour la très grande majorité des emprunteurs. Un contrôle de votre offre de prêt, de vos anciens avis d’imposition et des notices fiscales peut néanmoins révéler ces droits, notamment si vous aviez interrompu puis repris le bénéfice de l’avantage.
Les principales exceptions et cas particuliers à connaître

Même si la règle générale est claire, quelques situations viennent brouiller les pistes. Prêts aidés, investissements locatifs, changement d’usage du logement : ces cas peuvent remettre la question des intérêts d’emprunt sur la table. L’enjeu est de bien distinguer résidence principale, investissement locatif et régimes fiscaux spécifiques.
En quoi la fiscalité d’un investissement locatif diffère de la résidence principale ?
Pour un bien mis en location, les intérêts d’emprunt sont en principe déductibles des revenus fonciers. Cette règle ne s’applique pas à une résidence principale que vous occupez vous-même, d’où les confusions fréquentes. Beaucoup de contribuables mélangent ces deux régimes, alors que la frontière fiscale est très nette.
Lorsque vous louez un bien, vous déclarez des revenus fonciers. Les intérêts d’emprunt constituent alors une charge déductible qui vient diminuer votre base imposable. Sur une résidence principale, vous ne générez aucun revenu imposable lié au bien, donc aucune charge ne peut être déduite. C’est la logique de base du système fiscal français : on ne déduit des charges que là où on déclare des revenus.
Que se passe-t-il si vous mettez temporairement en location votre résidence principale ?
Si votre résidence principale devient un bien locatif, vous changez de régime fiscal pour cette période. À partir du moment où le bien est effectivement loué, les intérêts d’emprunt peuvent être imputés sur les revenus fonciers, sous conditions. Cela peut arriver lors d’une mutation professionnelle, d’une expatriation temporaire ou d’un déménagement avant la vente du bien.
Il faudra toutefois distinguer la période d’occupation personnelle de la période de location dans vos calculs. Vous ne pourrez déduire les intérêts que proportionnellement à la durée de location effective dans l’année. Par exemple, si vous louez votre ancien logement pendant 6 mois avant de le vendre, seuls les intérêts payés durant ces 6 mois seront déductibles de vos revenus fonciers.
Prêt à taux zéro, prêts aidés, aides locales : impact sur la déductibilité des intérêts
Le prêt à taux zéro ne génère pas d’intérêts à déduire puisqu’il est sans intérêt. Les autres prêts aidés (conventionnés, PAS, prêts complémentaires) suivent la même règle de non-déductibilité pour la résidence principale. En revanche, ces dispositifs peuvent interagir avec d’autres avantages fiscaux.
Certaines collectivités locales proposent des aides à l’accession, sous forme de subventions directes ou de bonifications de taux. Ces aides ne changent rien au principe : les intérêts restent non déductibles pour une résidence principale. Néanmoins, ces dispositifs peuvent réduire le coût global de votre crédit, ce qui compense indirectement l’absence d’avantage fiscal.
Comment optimiser sa fiscalité immobilière sans déduction d’intérêts
L’absence de déduction des intérêts sur la résidence principale n’empêche pas d’optimiser votre stratégie patrimoniale. Entre arbitrage achat/location, dispositifs locatifs et gestion du crédit, plusieurs leviers restent ouverts. L’objectif est de ne pas focaliser uniquement sur un avantage disparu, mais de repenser l’ensemble de votre projet immobilier.
Faut-il encore acheter sa résidence principale sans avantage fiscal sur les intérêts ?
Acheter sa résidence principale reste pertinent pour construire un patrimoine et se protéger des hausses de loyers. L’absence de déduction d’intérêts doit être intégrée dans le calcul global, mais ne suffit pas à rendre l’achat défavorable. Il est utile de comparer le coût total du crédit au loyer économisé sur une période longue.
Prenons un exemple concret : vous hésitez entre acheter un appartement avec un crédit de 1 500 € par mois (dont 500 € d’intérêts au départ) ou rester locataire à 1 200 € par mois. Sur 20 ans, votre bien sera remboursé et vous aurez constitué un actif patrimonial, là où le locataire n’aura rien accumulé. L’économie sur les loyers futurs et la valeur du bien compensent largement l’absence de déduction fiscale.
Quelles alternatives pour bénéficier d’avantages fiscaux via l’immobilier locatif ?
Les dispositifs de défiscalisation (Pinel, Denormandie, LMNP, etc.) ciblent l’investissement locatif, pas la résidence principale. En investissant dans le locatif, vous pouvez déduire les intérêts d’emprunt et d’autres charges, parfois avec des réductions d’impôt spécifiques.
| Dispositif | Type d’avantage | Déduction des intérêts |
|---|---|---|
| Location nue classique | Déduction des charges | Oui, sur revenus fonciers |
| Pinel | Réduction d’impôt + charges | Oui, sur revenus fonciers |
| LMNP | Déduction des charges + amortissement | Oui, sur revenus BIC |
Cette stratégie suppose toutefois de bien mesurer les risques, la rentabilité locative et l’horizon de détention. Un investissement locatif mal calibré peut générer des déficits fonciers importants sans pour autant créer de la valeur patrimoniale à long terme.
Renégociation, remboursement anticipé, modularité des échéances : quels leviers activer sur le crédit ?
Même sans avantage fiscal, vous pouvez alléger le coût de vos intérêts en agissant sur le crédit lui-même. Renégocier le taux, réduire la durée ou effectuer des remboursements anticipés ciblés permet souvent de faire baisser fortement le coût global.
Un simple rendez-vous avec votre banque ou un courtier peut ouvrir des marges de manœuvre insoupçonnées. Par exemple, une baisse de taux de 0,5 point sur un prêt de 200 000 € sur 20 ans représente une économie d’environ 10 000 € d’intérêts. De même, un remboursement anticipé de 10 000 € en début de prêt réduit significativement le coût total, puisque les intérêts sont calculés sur le capital restant dû.
Questions fréquentes des emprunteurs sur les intérêts d’emprunt et les impôts
De nombreux propriétaires découvrent l’absence de déduction seulement après avoir signé leur crédit immobilier. D’autres se demandent s’ils n’ont pas manqué un avantage ou s’ils remplissent correctement leur déclaration. Cette dernière partie répond aux interrogations les plus courantes, avec des repères pratiques pour sécuriser votre situation fiscale.
Comment vérifier si mon ancien crédit immobilier ouvrait droit à un avantage fiscal oublié ?
Commencez par retrouver l’offre de prêt et la date de signature, puis comparez-la aux règles fiscales en vigueur à cette époque. Vos anciens avis d’imposition peuvent aussi mentionner un crédit d’impôt intérêts d’emprunt déjà utilisé. En cas de doute, un contact avec votre centre des impôts ou un conseiller fiscal peut clarifier définitivement votre situation.
Si votre offre de prêt date d’avant 2011, vous avez probablement déjà consommé votre droit au crédit d’impôt durant les années suivant l’achat. Les relevés de situation fiscale disponibles sur votre espace personnel impots.gouv.fr conservent l’historique de ces avantages utilisés.
Quels justificatifs conserver concernant les intérêts d’emprunt et les relevés bancaires annuels ?
Il est prudent de conserver les tableaux d’amortissement, relevés annuels de votre banque et contrats de prêt pendant au moins 10 ans. Même si vous ne déduisez pas les intérêts pour la résidence principale, ces documents peuvent être utiles en cas de contrôle ou de changement d’usage du bien.
Ils serviront aussi de base pour tout arbitrage futur sur la renégociation ou le remboursement anticipé. Les banques fournissent généralement un relevé annuel récapitulant les intérêts payés et le capital restant dû. Ce document permet de suivre l’évolution de votre crédit et de détecter d’éventuelles erreurs de calcul.
Pourquoi certains proches affirment encore pouvoir déduire leurs intérêts d’emprunt en 2025 ?
Souvent, ils bénéficient d’anciens dispositifs fiscaux signés avant les réformes ou confondent avec un investissement locatif. Il arrive aussi que des souvenirs d’anciens avantages soient mal datés et entretenus de bonne foi. Certains peuvent également parler de dispositifs spécifiques à l’Outre-mer ou à des zones particulières, qui suivent parfois des règles différentes.
D’où l’importance de s’appuyer sur les textes actuels et sur votre propre situation, plutôt que sur des échanges de famille ou de voisinage. Chaque dossier fiscal est unique, et ce qui s’applique à votre voisin ne s’applique pas forcément à vous. En cas de doute, consultez directement la documentation officielle ou un professionnel du conseil fiscal.
En conclusion, la déduction des intérêts d’emprunt pour une résidence principale appartient au passé pour la quasi-totalité des emprunteurs. Mais cette absence d’avantage fiscal ne remet pas en cause la pertinence d’acheter son logement. D’autres leviers d’optimisation existent, qu’il s’agisse de renégocier votre crédit, d’investir dans le locatif ou simplement de construire un patrimoine stable sur le long terme. L’essentiel est de bien comprendre votre situation fiscale personnelle pour prendre les bonnes décisions patrimoniales.




